Face aux traumatismes, EMDR ou Kinésiologie ?

EMDR et Kinésiologie,
deux méthodes de libération de stress

Quand on cherche à se libérer de blocages émotionnels, de stress persistant, de traumatismes, deux approches reviennent souvent : l’EMDR et la kinésiologie.

Toutes deux interviennent sur le stress lié à des souvenirs non traités, mais leurs fonctionnements et leurs origines diffèrent.

Je vous propose ici un éclairage pour pouvoir choisir ce qui vous convient le mieux.

Pour que chacun emprunte la voie la plus adaptée

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Origines de l’EMDR et de la Kinésiologie

Le corps au service de la tête

On entend souvent que la kinésiologie a influencé la naissance de l’EMDR. Ou du moins qu’elle a des racines communes avec certaines des techniques utilisées dans l’EMDR. D’un point de vue historique et scientifique, l’EMDR ne serait pas née de la kinésiologie. Mais certaines similitudes peuvent prêter à confusion.

L’EMDR (Désensibilisations et retraitement par les mouvements oculaires)

Cette technique a été développée en 1987 par Francine Shapiro, psychologue américaine, à partir de ses propres observations.
Elle a remarqué que des mouvements oculaires volontaires semblaient atténuer l’intensité de pensées négatives. Elle a ensuite structuré une méthode thérapeutique, validée par la recherche clinique et reconnue scientifiquement.

Initialement dédiée au traitement du stress post-traumatique, aujourd’hui les préconisations pour faire appel à l’EMDR se sont élargies. Elles concernent aussi les phobies ou attaques de panique, les angoisses, l’anxiété, les séparations, les blessures de l’enfance.

La kinésiologie (science du mouvement)

Elle est apparue dans les années 1960 aux États-Unis avec George Goodheart, chiropracteur, qui a développé la kinésiologie appliquée.
Elle repose sur le test musculaire qui identifie un stress au niveau du muscle. C’est à dire une latence dans la communication entre le muscle et le cerveau. Celle-ci est en lien avec un déséquilibre énergétique et a une incidence psycho-organique.
Elle considère qu’une position des yeux peut réactiver à la fois une émotion et un évènement, et donc un comportement. Elle remet du mouvement dans ce qui est resté figé, afin de dissoudre l’interrupteur inconscient d’un traumatisme.

Ses objectifs principaux sont de libérer les émotions bloquées, réduire le stress et soulager les troubles physiques ou psychosomatiques. Elle vise aussi à aider à sortir de comportements automatiques (phobies, addictions, obsessions, stratégies d’évitement).

  • Francine Shapiro n’a jamais mentionné la kinésiologie comme source d’inspiration directe pour l’EMDR. Néanmoins, certaines personnes formées aux deux approches considèrent la kinésiologie comme une forme de « pré-EMDR ». Elles estiment qu’elle a permis de lui « préparer le terrain » en démocratisant l’idée que le corps retient le traumatisme.

Le corps est détenteur de toute notre histoire


Approches de l’EMDR et de la Kinésiologie

Le mouvement comme solution

L’EMDR utilise l’un des mécanismes naturels du sommeil. Lorsque nous rêvons, durant le sommeil paradoxal, nous faisons des petits mouvements oculaires rapides. Cette activité cérébrale correspond à un travail de classement et de traitement d’informations, de sensations, d’émotions et d’événements vécus. Elle est indispensable à notre équilibre et à notre survie, car elle permet d’assimiler les petits traumatismes de la journée.
La méthode EMDR consiste à reproduire volontairement cette activité cérébrale naturelle de « digestion » des stimuli, sensations et faits. Ce processus naturel est recréé par une stimulation bilatérale, qu’elle soit visuelle, tactile, ou sonore, afin de capter l’attention.

  • En somme l’EMDR stimule, décharge et retraite l’information pour permettre au présent d’assimiler l’expérience passée, de garder ce qui est nécessaire, et d’éliminer ce qui est inutile ou inadapté.


La kinésiologie vise à défaire la fusion entre un évènement et une émotion : c’est la défusion.
Pour cela, elle « détricote » la maille traumatique en utilisant tous les mouvements sollicités par le corps.
Lorsqu’elle recourt aux mouvements oculaires, elle stimule l’intégration des hémisphères cérébraux et facilite la réorganisation neurologique, ou bien elle libère un stress oculaire responsable de blocages cognitifs.
En effet, chaque hémisphère permet d’accéder à des mémoires émotionnelles et sensorielles. De plus, la direction du regard active des zones cérébrales liées à la mémoire, la perception, l’imagination et les émotions, facilitant l’accès à différentes représentations mentales.

  • En reconnectant le corps, l’esprit et les émotions, la kinésiologie permet une libération en profondeur, sans avoir à revivre consciemment le traumatisme.

Les yeux comme outils de création


EMDR et Kinésiologie, pour quel public ?

Traiter le trauma en conscience ou pas

L’EMDR cible le retraitement psychologique d’un trauma précis. Elle vous demande souvent de replonger consciemment dans un souvenir douloureux pour le retraiter.
Cette étape peut être intense, parfois difficile à vivre. C’est pourquoi le praticien s’assure d’abord que vous disposez de toutes les ressources émotionnelles nécessaires avant de commencer ce travail.
L’EMDR peut vous sembler compliquée à envisager si vous êtes sensible, si vous ne souhaitez pas vous confronter directement à un souvenir douloureux, ou lorsque votre mal-être est diffus et difficile à identifier.

En kinésiologie, votre corps s’exprime via le test musculaire et les mouvements oculaires pour révéler vos blocages, même sans accès à la mémoire consciente.
En sollicitant certaines directions du regard, les circuits neuronaux liés à des souvenirs, ressentis ou émotions figées s’activent ou se désactivent. Cela dévoile votre réaction habituelle sous stress ainsi que vos besoins pour en sortir. On passe ainsi d’une conscience « hypnotisée » par un sentiment d’impuissance, à une prise de recul qui permet de raisonner. Certaines séances de kinésiologie envisagent la vision comme une façon d’appréhender la vie, on agira alors sur le stress lié à un schéma mental qui impacte votre équilibre global.

En conclusion,
  • L’EMDR est une méthode puissante et très efficace pour traiter un trauma identifié, mais elle peut s’avérer plus exigeante sur le plan émotionnel. Bien qu’elle soit possible chez l’enfant, elle est souvent plus adaptée aux personnes capables de soutenir un travail verbal et cognitif.
  • La kinésiologie peut être mieux adaptée si vous recherchez une approche globale, respectueuse de votre rythme, et qui ne nécessite pas de revisiter consciemment un traumatisme. Adaptable aux enfants, adolescents, adultes et personnes âgées, elle ne requiert pas forcément de discours approfondi, ce qui est précieux pour ceux qui ont du mal à verbaliser.
  • Si l’approche sur-mesure de la kinésiologie favorise une libération souvent plus douce que celle de l’EMDR, les deux techniques peuvent tout à fait être complémentaires.

Choisir ce qui résonne avec soi, c’est déjà commencer à se libérer


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